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Boussole déconfinée : lutter contre le décrochage entre institutions et personnes qui vivent la précarité

18 août 2020

Dès la sortie du confinement, les groupes Boussole de Savoie se sont réunis, dans le vert des parcs et des jardins, pour partager le vécu du confinement, et aussi pour questionner ce que cette période a pu modifier dans l’accès aux droits et à l’emploi. Quelques mois plus tard, dans un contexte où l’accès à l’emploi se dégrade et où la précarité augmente, le groupe Boussole entend contribuer à une réflexion pour lutter contre le décrochage entre les services de cohésion sociale du département de la Savoie et les personnes concernées.

L’été a été actif pour les groupes Boussole. Contrairement aux années passées marquées par une pause estivale, la crise du COVID-19 a encouragé davantage de travail collectif en cette période de sortie de confinement. Nous étions à la fois portés par la nécessité de ré-ouvrir des espaces de partage suite à la période d’isolement subie par de nombreuses personnes, mais aussi par l’urgence de déposer les traces et les réflexions tirées de cette période inédite.

Trois rencontres ont réuni 10 à 15 participants des groupes aixois et chambériens. L’objectif : identifier ensemble ce qui serait à garder de positif de cette période sur les questions d’activités et d’emplois, mais aussi ce qui s’est aggravé, ou qui s’est révélé difficile durant cette période et encore maintenant.

La qualité de l’alliance entre la personne accompagnée et l’institution semble être un de ces noeuds qui, quand cela se passe mal, resserre son étreinte autour des personnes, jusqu’à empêcher tout mouvement, tout dialogue. Comment faire, quand on est accompagné par une assistante sociale, un conseiller pôle emploi, pour ne pas laisser s’installer toujours plus de distanciation physique, l’omniprésence d’un numérique qui nous fait décrocher, la complexité galopante des parcours et des « transactions » administratives. Comment faire pour ne pas perdre la confiance et savoir que l’on peut compter sur l’institution pour nous épauler dans les moments difficiles? Comment éviter que souffrance morale, peur, défiance, découragement, mauvaises orientations, non-recours aux droits, sanctions financières ne s’installent comme conséquence pour des personnes déjà fragilisées dans leurs parcours de vie.

A partir de ces premiers constats et de l’analyse de situations vécues par les membres du groupe Boussole, nous avons fait un premier pas lors de la capitainerie du 8 septembre 2020, où nous avons questionné les associations et institutions présentes (CCAS, Département de la Savoie, associations oeuvrant dans le champ de l’insertion) pour savoir si elles se sentaient également concernées par ce problème. Constat partagé unanimement.

Le groupe a fait une demande d’approfondissement au département de la Savoie, dans l’idée d’associer les travailleurs sociaux et l’institution à cette enquête. Des rencontres sont prévues dans les semaines à venir pour mieux comprendre ce qui se joue « de l’autre côté du bureau », mais aussi et surtout, de comprendre et imaginer ensemble des pistes d’évolution, dans un contexte qui restera, qu’on le veuille ou non, marqué par l’urgence sociale.

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