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AequitaZ et L’ébullition : coopérer pour faire progresser l’égalité filles-garçons

20 décembre 2018

A la demande de la Fédération des Centres sociaux de France, les associations AequitaZ et Ebullition ont uni leurs talents pour co-animer les rencontres du réseau jeunes 2018 (voir le récit complet de l’évènement). L’occasion de revenir sur cet enjeu politique fort et sur une belle expérience de coopération entre associations qui partagent des valeurs communes. Interview croisée de Camille et Jérôme, co-animateur de l’évènement.

 

Crédits photos : Fédération des Centres Sociaux de France.

 

Discuter égalité filles/garçons pendant 3 jours avec 120 jeunes, c’était une première ?

Camille (L’Ebullition) : Oui avec autant de jeunes à la fois c’était une première ! Un challenge réussi notamment car nous avons pu compter sur le soutien d’animateurs et d’animatrices compétent-e-s qui, après avoir reçu de notre part un court temps de formation sur le fond du sujet et de préparation sur la forme, ont pu animer à leur tour des ateliers pendant la rencontre afin de favoriser le travail des jeunes en petits groupes. D’autre part, les jeunes se sont montrés très curieux et impliqués dans les réflexions.

Jérôme (AequitaZ) : Non, car nous animons depuis 2014 des Parlements Libres de Jeunes et des rencontres de jeunes en très grand groupe. Par contre, 3 jours uniquement sur ce thème c’était une première pour nous. Les parlements abordent régulièrement les question de rapport hommes / femmes, mais souvent au milieu d’autres sujets comme l’emploi, les discriminations, la démocratie…

Vous apprenez quoi durant ces rencontres ?

Jérôme : Je redécouvre à quel point la question de l’égalité filles – garçon est certainement une des questions les plus politiques qui se pose à des jeunes entre 15 et 20 ans. En effet, tant les garçons comme les filles sont soumis au poids et à la violence des normes sociales. Pour les filles, il faut ajouter la domination exercé par les hommes, qui reste plus que jamais un combat pour l’égalité.

Camille : Je remarque à nouveau que cette question du sexisme est au cœur des préoccupations de beaucoup de jeunes. En effet, personne n’est dupe qu’il existe encore aujourd’hui dans notre société de fortes inégalités entre les hommes et les femmes dû au sexisme (salaires, répartitions des taches ménagères, violences faites aux femmes, présence et légitimité dans l’espace public). Les jeunes ont été marqués par le récent mouvement Mee too et ne tolèrent plus un certain nombre de comportements ou de remarques sexistes qui pouvaient passer inaperçues il y a encore peu de temps ! Cependant, les stéréotypes filles-garçons restent présents dans les esprits et sont encore un frein à la liberté des filles et des garçons dans la construction de leurs choix de vie. De plus, le rapport social de domination des hommes sur les femmes perpétue les inégalités en défaveur des femmes. Une première étape que les garçons ont pu vivre lors de cette rencontre est de prendre conscience de leurs privilèges dans une société patriarcale. Pour les filles, il s’agit de trouver des moyens de renforcer leur confiance en elle pour qu’elles puissent prendre toute leur place dans la société.

Pourquoi avoir décidé d’animer ensemble, AequitaZ et L’Ébullition, ces 3 jours ?

Camille : L’ébullition est une association d’éducation populaire qui travaille pour lutter contre les discriminations et pour le développement du pouvoir d’agir avec des outils de l’éducation populaire. L’Ébullition a développé, depuis sa création en 2013, une expertise sur les questions de genre et d’éducation. Les salariées animent des formations professionnelles sur cette thématique (entre autres), des interventions en collège et lycées pour lutter contre les violences et les discriminations et accompagne des groupes notamment avec l’outil du théâtre de l’opprimé pour lutter (entre autres) contre le sexisme. En 2014, L’Ébullition a mené une recherche action avec des professionnel-le-s des centres sociaux intitulée Pour une éducation non sexiste. Avec l’association Aequitaz, nous partageons des valeurs et des pratiques communes ce qui a permis une belle coopération.

Jérôme : Fort de son expérience en éducation populaire sur les questions de sexisme, Ebullition a proposé des outils pour comprendre ses violences et déconstruire nos représentants. AequitaZ, de son côté, a apporté son expérience d’animation des Parlements libres de Jeunes et sa pédagogie d’invention d’actions auto-gérées et d’interpellation des pouvoirs publics sur leurs responsabilités. Une belle coopération et une belle entente entre nous et avec la FCSF.

Crédits photos : Fédération des Centres Sociaux de France.

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